ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

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ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

APPRENTISSAGE: FRANCAIS ET ANGLAIS AUX TROIS CYCLES: PRIMAIRE-MOYEN-SECONDAIRE


    Classes: 3AS

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    achwak

    Date d'inscription : 05/01/2010
    Age : 24
    Localisation : béjaia

    Classes: 3AS

    Message par achwak le Dim 24 Avr - 10:27

    Sujet:
    Texte:
    Un an dans les Aurès. 1956-1957
    J'ai servi en Algérie pendant un an comme homme de troupe de la classe 54-2 B (d'avril 1956 à avril 1957).
    Rentré en France, je suis marqué par la honte et désespéré de m'être presque toujours heurté, dans l'armée, à un mur d'indifférence ou de haine lorsque j'essayais de protester auprès des gradés ou de réveiller la conscience de mes camarades.
    Aussi ai-je cru nécessaire de résumer, d'après les notes prises pendant mon séjour, un an d'histoire de la compagnie dont j'ai fait partie. Le récit que je ferai de mon séjour dans les Aurès sera volontairement terne, car je veux essayer de le relater le plus froidement possible.
    BISKRA (juin à octobre 1956)
    De Biskra, nous partions souvent en opérations, généralement dans l’Aurès, pour une durée de trois à quinze jours. Ces opérations consistaient en général à participer à des bouclages.
    Dans l’Aurès, nous traversions souvent des villages abandonnés qui avaient été mitraillés par l’aviation, bombardés ou incendiés. A plusieurs reprises nous rencontrâmes des charniers, dégageant une odeur épouvantable, d'hommes et de mulets : il s'agissait de caravanes prises en chasse par l'aviation. Dans les villages habités de la zone non interdite, que nous traversions, un certain nombre de civils étaient en général torturés devant la troupe, avec même participation active de quelques appelés ou maintenus.
    Au mois de juillet, alors que nous étions absents de Biskra, notre compagnie fut rappelée précipitamment. A notre arrivée, la place du marché de Biskra brûlait encore. Voici ce qui s'était passé : une patrouille en Jeep avait reçu, à l'extérieur de Biskra, une rafale de fusil-mitrailleur : un tirailleur sénégalais, caporal-chef de la patrouille, fut tué. A la suite de cette embuscade, une compagnie de tirailleurs sénégalais se précipita au centre de Biskra, incendia le quartier mozabite et y fit 35 morts. Puis ils se postèrent autour d'une palmeraie proche de Biskra et tuèrent, au dire d'un de mes camarades affecté à cette compagnie africaine, 325 civils. Leurs officiers européens, au témoignage d'un de nos camarades servant au mess, se seraient enfermés dans les locaux du mess pour ne pas avoir à intervenir. Jacques Pucheu, Extraits, Les Temps modernes, Septembre 1957

    Questions :

    I- Compréhension : (14pts)
    1- L’auteur de ce texte est :-a- Un historien connu.-b- Un journaliste.-c- Un soldat de l’armée française.-d- Un Moudjahid.
    Recopiez la bonne réponse.
    2- A quelle période de notre histoire renvoie ce texte ?
    3- Est-il écrit pendant ou après la guerre ? Justifiez votre réponse.
    4- Relevez deux phrases du texte qui attestent de la barbarie coloniale.
    5- Complétez le tableau ci-dessous à l’aide des expressions suivantes : diriger les séances de torture – mettre le feu au village – tuer les civils – laisser faire les crimes contre les civils.
    Soldats européens Soldats sénégalais
    6- Relevez un terme du texte qui montre le point de vue de l’auteur par rapport aux événements qu’il relate.
    7- « …au dire d'un de mes camarades affecté à cette compagnie africaine… »
    A quoi renvoie l’expression soulignée.
    8- Réécrivez la phrase suivante à la forme active :« Un tirailleur sénégalais, caporal-chef de la patrouille, fut tué.»

    II- Expression écrite : (6pts)
    Traitez un seul sujet au choix :
    1- Faites le compte rendu objectif du texte ci-dessus.
    2- Rédigez un texte dans lequel vous dénoncerez le recours à la torture. Appuyez-vous sur un ou deux exemples précis.
    Bon courage

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