ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

BIENVENUES
ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

APPRENTISSAGE: FRANCAIS ET ANGLAIS AUX TROIS CYCLES: PRIMAIRE-MOYEN-SECONDAIRE


    Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Partagez

    Amel111

    Date d'inscription : 07/10/2011

    Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par Amel111 le Mar 3 Jan - 21:05

    La Cigale et la Fourmi
    La cigale, ayant chanté
    Tout l’été,
    Se trouva fort dépourvue
    Quand la bise fut venue.
    Pas un seul petit morceau
    De mouche ou de vermisseau
    Elle alla crier famine
    Chez la fourmi sa voisine,
    La priant de lui prêter
    Quelque grain pour subsister
    Jusqu’à la saison nouvelle
    « Je vous paierai, lui dit-elle,
    Avant l’oût, foi d’animal,
    Intérêt et principal. »
    La fourmi n’est pas prêteuse ;
    C’est là son moindre défaut.
    « Que faisiez-vous au temps chaud ?
    Dit-elle à cette emprunteuse.
    – Nuit et jour à tout venant
    Je chantais, ne vous déplaise.
    – Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
    Eh bien : dansez maintenant. »

    __________________________________


    Le Corbeau et le Renard
    Maître corbeau, sur un arbre perché
    Tenait en son bec un fromage.
    Maître renard par l’odeur alléché
    Lui tint à peu près ce langage :
    « Hé ! bonjour Monsieur du Corbeau
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
    Sans mentir, si votre ramage
    Se rapporte à votre plumage
    Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois »
    A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie
    Et pour montrer sa belle voix
    Il ouvre un large bec laisse tomber sa proie.
    Le renard s’en saisit et dit : « Mon bon Monsieur
    Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
    Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »
    Le corbeau honteux et confus
    Jura mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.


    _____________________________________________________


    La grenouille qui veut se faire
    aussi grosse que le boeuf
    Une grenouille vit un boeuf
    Qui lui sembla de belle taille.
    Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un oeuf,
    Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,
    Pour égaler l’animal en grosseur,
    Disant : « Regardez bien, ma soeur ;
    Est-ce assez ? dites-moi : n’y suis-je point encore ?
    Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?
    – Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
    S’enfla si bien qu’elle creva.
    Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
    Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
    Tout prince a des ambassadeurs,
    Tout marquis veut avoir des pages.



    _________________________________________
    Les deux mulets
    Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
    L’autre portant l’argent de la gabelle.
    Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
    N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
    Il marchait d’un pas relevé,
    Et faisait sonner sa sonnette :
    Quand, l’ennemi se présentant,
    Comme il en voulait à l’argent,
    Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
    Le saisit au frein et l’arrête.
    Le mulet, en se défendant,
    Se sent percé de coups ; il gémit, il soupire.
    « Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
    Ce mulet qui me suit du danger se retire ;
    Et moi j’y tombe et je péris !
    – Ami, lui dit son camarade,
    Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
    Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,
    Tu ne serais pas si malade. »


    ____________________________________________

    Le Loup et le Chien
    Un loup n’avait que les os et la peau,
    Tant les chiens faisaient bonne garde.
    Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
    Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
    L’attaquer, le mettre en quartiers,
    Sire loup l’eût fait volontiers ;
    Mais il fallait livrer bataille,
    Et le mâtin était de taille
    A se défendre hardiment.
    Le loup donc, l’aborde humblement,
    Entre en propos, et lui fait compliment
    Sur son embonpoint, qu’il admire.
    « Il ne tiendra qu’à vous, beau sire,
    D’être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
    Quittez les bois, vous ferez bien :
    Vos pareils y sont misérables,
    Cancres, hères, et pauvres diables,
    Dont la condition est de mourir de faim.
    Car quoi ? rien d’assuré ; point de franche lippée ;
    Tout à la pointe de l’épée.
    Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin. »
    Le loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?
    –Presque rien, dit le chien : donner la chasse aux gens
    Portant bâtons et mendiants ;
    Flatter ceux du logis, à son maître complaire :
    Moyennant quoi votre salaire
    Sera force reliefs de toutes les façons :
    Os de poulets, os de pigeons,
    Sans parler de mainte caresse. »
    Le loup déjà se forge une félicité
    Qui le fait pleurer de tendresse
    Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
    « Qu’est-ce là ? lui dit-il. – Rien. – Quoi ? rien ? – Peu de chose.
    – Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché
    De ce que vous voyez est peut-être la cause.
    – Attaché ? dit le loup : vous ne courez donc pas
    Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
    – Il importe si bien, que de tous vos repas
    Je ne veux en aucune sorte,
    Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »
    Cela dit, maître loup s’enfuit, et court encor.

    __________________________________________________________


    La Génisse, la Chèvre et la Brebis
    en société avec le Lion
    La génisse, la chèvre et leur soeur la brebis,
    Avec un fier lion, seigneur du voisinage,
    Firent société, dit-on, au temps jadis,
    Et mirent en commun le gain et le dommage.
    Dans les lacs de la chèvre un cerf se trouva pris.
    Vers ses associés aussitôt elle envoie.
    Eux venus, le lion par ses ongles compta,
    Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie ».
    Puis, en autant de parts le cerf il dépeça ;
    Prit pour lui la première en qualité de sire :
    « Elle doit être à moi, dit-il, et la raison,
    C’est que je m’appelle lion :
    A cela l’on n’a rien à dire.
    La seconde, par droit, me doit échoir encor :
    Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort.
    Comme le plus vaillant, je prétends la troisième.
    Si quelqu’une de vous touche à la quatrième,
    Je l’étranglerai tout d’abord. »

    ______________________________________________

    La Besace
    Jupiter dit un jour : « Que tout ce qui respire
    S’en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur :
    Si dans son composé quelqu’un trouve à redire,
    Il peut le déclarer sans peur ;
    Je mettrai remède à la chose.
    Venez, singe ; parlez le premier, et pour cause.
    Voyez ces animaux, faites comparaison
    De leurs beautés avec les vôtres.
    Êtes-vous satisfait ? – Moi ? dit-il ; pourquoi non ?
    N’ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres ?
    Mon portrait jusqu’ici ne m’a rien reproché ;
    Mais pour mon frère l’ours, on ne l’a qu’ébauché :
    Jamais, s’il me veut croire, il ne se fera peindre. »
    L’ours venant là-dessus, on crut qu’il s’allait plaindre.
    Tant s’en faut : de sa forme il se loua très fort ;
    Glosa sur l’éléphant, dit qu’on pourrait encor
    Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles ;
    Que c’était une masse informe et sans beauté.
    L’éléphant étant écouté,
    Tout sage qu’il était, dit des choses pareilles :
    Il jugea qu’à son appétit
    Dame baleine était trop grosse.
    Dame fourmi trouva le ciron trop petit,
    Se croyant, pour elle, un colosse.
    Jupin les renvoya s’étant censurés tous,
    Du reste contents d’eux.
    Mais parmi les plus fous
    Notre espèce excella ; car tout ce que nous sommes,
    Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous,
    Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes :
    On se voit d’un autre oeil qu’on ne voit son prochain.
    Le fabricateur souverain
    Nous créa besaciers tous de même manière,
    Tant ceux du temps passé que du temps d’aujourd’hui :
    Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
    Et celle de devant pour les défauts d’autrui.

    ________________________________________

    L’hirondelle et les petits oiseaux
    Une hirondelle en ses voyages
    Avait beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu
    Peut avoir beaucoup retenu.
    Celle-ci prévoyait jusqu’aux moindres orages,
    Et devant qu’ils ne fussent éclos,
    Les annonçait aux matelots.
    Il arriva qu’au temps que le chanvre se sème,
    Elle vit un manant en couvrir maints sillons.
    « Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux oisillons :
    Je vous plains, car pour moi, dans ce péril extrême,
    Je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin.
    Voyez-vous cette main qui, par les airs chemine ?
    Un jour viendra, qui n’est pas loin,
    Que ce qu’elle répand sera votre ruine.
    De là naîtront engins à vous envelopper,
    Et lacets pour vous attraper,
    Enfin, mainte et mainte machine
    Qui causera dans la saison
    Votre mort ou votre prison :
    Gare la cage ou le chaudron !
    C’est pourquoi, leur dit l’hirondelle,
    Mangez ce grain et croyez-moi. »
    Les oiseaux se moquèrent d’elle :
    Ils trouvaient aux champs trop de quoi.
    Quand la chènevière fut verte,
    L’hirondelle leur dit : « Arrachez brin à brin
    Ce qu’a produit ce mauvais grain,
    Ou soyez sûrs de votre perte.
    –Prophète de malheur, babillarde, dit-on,
    Le bel emploi que tu nous donnes !
    Il nous faudrait mille personnes
    Pour éplucher tout ce canton. »
    La chanvre étant tout à fait crue,
    L’hirondelle ajouta : « Ceci ne va pas bien ;
    Mauvaise graine est tôt venue.
    Mais puisque jusqu’ici l’on ne m’a crue en rien,
    Dès que vous verrez que la terre
    Sera couverte, et qu’à leurs blés
    Les gens n’étant plus occupés
    Feront aux oisillons la guerre ;
    Quand reglingettes et réseaux
    Attraperont petits oiseaux,
    Ne volez plus de place en place,
    Demeurez au logis ou changez de climat :
    Imitez le canard, la grue ou la bécasse.
    Mais vous n’êtes pas en état
    De passer, comme nous, les déserts et les ondes,
    Ni d’aller chercher d’autres mondes ;
    C’est pourquoi vous n’avez qu’un parti qui soit sûr,
    C’est de vous enfermer aux trous de quelque mur. »
    Les oisillons, las de l’entendre,
    Se mirent à jaser aussi confusément
    Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre
    Ouvrait la bouche seulement.
    Il en prit aux uns comme aux autres :
    Maint oisillon se vit esclave retenu.
    Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres
    Et ne croyons le mal que quand il est venu.



    ________________________________________________

    L’homme et son image
    Pour M. le Duc de La Rochefoucauld
    Un homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
    Passait dans son esprit pour le plus beau du monde :
    Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
    Vivant plus que content dans une erreur profonde.
    Afin de le guérir, le sort officieux
    Présentait partout à ses yeux
    Les conseillers muets dont se servent nos dames :
    Miroirs dans les logis, miroirs chez les marchands,
    Miroirs aux poches des galands,
    Miroirs aux ceintures des femmes.
    Que fait notre Narcisse ? Il se va confiner
    Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer,
    N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
    Mais un canal, formé par une source pure,
    Se trouve en ces lieux écartés :
    Il s’y voit, il se fâche, et ses yeux irrités
    Pensent apercevoir une chimère vaine.
    Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau ;
    Mais quoi ? Le canal est si beau
    Qu’il ne le quitte qu’avec peine.
    On voit bien où je veux venir.
    Je parle à tous ; et cette erreur extrême
    Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
    Notre âme, c’est cet homme amoureux de lui-même ;
    Tant de miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
    Miroirs, de nos défauts les peintres légitimes ;
    Et quant au canal, c’est celui
    Que chacun sait, le livre des Maximes.









    avatar
    sihemdebiskra

    Date d'inscription : 02/11/2010
    Localisation : Biskra

    Re: Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par sihemdebiskra le Mar 3 Jan - 21:19

    Merci Amel pour les fables

    Amel111

    Date d'inscription : 07/10/2011

    Re: Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par Amel111 le Mar 3 Jan - 21:26

    Je vous en pris très chère soeur, je crois pouvoir aider dans ce beau forum!
    Merci à vous en premier lieu Sihèm!
    avatar
    zemrode

    Date d'inscription : 11/11/2011

    Re: Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par zemrode le Mar 31 Jan - 16:02

    I love you Like a Star @ heaven merci Amel pour ces fables Like a Star @ heaven I love you

    charaf21gds

    Date d'inscription : 01/12/2011

    Re: Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par charaf21gds le Sam 13 Avr - 13:58

    merrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrci

    Contenu sponsorisé

    Re: Quelques Fables de La Fontaine pour vous chers collègues

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Jeu 17 Aoû - 23:20