ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

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APPRENTISSAGE: FRANCAIS ET ANGLAIS AUX TROIS CYCLES: PRIMAIRE-MOYEN-SECONDAIRE


    Bac 2008 - Série L & Langues - Sujet 02

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    Date d'inscription : 03/11/2009
    Localisation : Algérie

    Bac 2008 - Série L & Langues - Sujet 02

    Message par Administrateur le Ven 14 Mai - 14:43

    Dans cette immense prison surpeuplée, dont chaque cellule abrite une souffrance, parler de soi est comme une indécence. Au rez-de-chaussée, c'est la « division » des condamnés à mort. Ils sont là quatre-vingts, les chevilles enchaînées, qui attendent leur grâce ou leur fin. Et c'est à leur rythme que nous vivons tous. Pas un détenu qui ne se retourne le soir sur sa paillasse à l'idée que l'aube peut être sinistre, qui ne s'endort sans souhaiter de toute sa force qu'il ne se passe rien. Mais c'est pourtant de leur quartier, que montent chaque jour les chants interdits, les chants magnifiques qui jaillissent toujours du coeur des peuples en lutte pour leur liberté.

    Les tortures ? Depuis longtemps le mot est à tous devenu familier. Rares sont ici ceux qui y ont échappé. Aux « entrants » à qui l'on peut adresser la parole, les questions que l'on pose sont, dans l'ordre : « Arrêté depuis longtemps ? Torturé ? Paras ou policiers ? ». Mon affaire est exceptionnelle par le retentissement qu'elle a eu. Elle n'est en rien unique. Ce que j'ai dit dans ma plainte, ce que je dirai ici illustre d'un seul exemple ce qui est la pratique courante dans cette guerre atroce et sanglante.

    Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. J'ai côtoyé durant tout ce temps tant de douleurs et tant d'humuliations que je n'oserai plus parler encore de ces journées et de ces nuits de supplices si je ne savais que cela peut être utile, que faire connaître la vérité c'est aussi une manière d'aider au cessez-le-feu et à la paix. Des nuits entières, durant un mois, j'ai entendu hurler des hommes que l'on torturait, et leurs cris résonnent toujours dans ma mémoire.

    Mais, depuis, j'ai encore connu d'autres choses. J'ai appris la « disparition » de mon ami Maurice Audin, arrêté vingt-quatre heures avant moi, torturé par la même équipe qui ensuite me « prit en mains ». Disparu comme le cheikh Tébessi, président de l'association des Oulémas, le docteur Chérif Zahar, et tant d'autres.(...)

    De l'autre côté du mur, dans l'aile réservée aux femmes, il y a des jeunes filles dont nul n'a parlé : Djamila Bouhired, lyette Loup, Nassima Hablal, Malika Khene, et d'autres encore : déshabillées, frappées, insultées par des tortionnaires sadiques, elles ont subi elles aussi l'eau et l'électricité.

    C'est aux « disparus » et à ceux qui, sûrs de leur cause, attendent sans frayeur la mort, et à ceux qui ont connu les bourreaux et ne les ont pas craints, à tous ceux qui, face à la haine et à la torture, répondent par la certitude de la paix prochaine et de l'amitié entre nos deux peuples qu'il faut que l'on pense en lisant mon récit, car il pourrait être celui de chacun d'eux.
    Henry ALLEG, La Question
    Paris, 1980, Les éditions de Minuit, p.13,18

    QUESTIONS

    I- COMPRÉHENSION : (12 points)

    1- A quelle période de l'Histoire de l'Algérie se rapportent les faits relatés dans le texte ?
    2- A qui l'auteur s'adresse-t-il ?
    3- Pourquoi l'auteur raconte-t-il ces faits ? Quelle phrase du texte justifie votre réponse ?
    4- Dans ce texte, Henry Alleg est à la fois auteur, acteur et témoin.
    Relevez du texte une indication pour justifier chacun de ces rôles.
    5- Comment les condamnés à mort manifestent-ils leur courage ? Relevez deux expressions du texte qui le montrent.
    6- Relevez six termes ou expressions appartenant au champ lexical de « la torture ».
    7- « Et c'est à leur rythme que nous vivons tous »
    « Depuis longtemps le mot nous est à tous devenus familier »
    « Parler de soi est comme une indécence »
    A qui renvoient les mots soulignés ?
    8- Relevez du texte trois mots qui désignent les tortionnaires.
    9- Transposez la phrase suivante à la voix active en précisant l'agent de l'action.
    « Il y a maintenant plus de trois mois que j'ai été arrêté. »
    10- Donnez un titre au texte.

    I- PRODUCTION ECRITE : (08 points)

    Traitez l'un des deux sujets au choix :

    1- A l'occasion de la célébration de la fête de l'Indépendance, le journal El Moudjahid organise le concours du meilleur récit historique. Vous y participez.
    Rédigez un récit d'une vingtaine de lignes. Vous raconterez les faits et vous introduirez le témoignage d'un ancien Moudjahid.

    2- Faites le compte-rendu objectif de ce texte qui paraîtra dans la page « Histoire » du journal de votre lycée. Votre compte rendu comportera une dizaine de lignes.

      La date/heure actuelle est Mar 16 Oct - 5:28