ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

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APPRENTISSAGE: FRANCAIS ET ANGLAIS AUX TROIS CYCLES: PRIMAIRE-MOYEN-SECONDAIRE


    Les progressions thématiques

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    Date d'inscription : 03/11/2009
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    Message par Administrateur le Lun 1 Nov - 8:00



    Les progressions thématiques

    Observation

    Texte 1
    Colin regardait Alise. Elle portait, par un hasard étrange, un sweat-shirt blanc et une jupe jaune. Elle avait des souliers blanc et jaune et des patins de hockey. Elle avait des bas de soie fumée et des socquettes blanches repliées sur le haut des chaussures à peine montantes et lacées de coton blanc, faisant trois fois le tour de la cheville. Elle comportait en outre un foulard de soie vert vif et des cheveux blonds extraordinairement touffus, encadrant son visage d’une masse frisée serré. Elle regardait au moyen d’yeux bleus ouverts et son volume était limité par une peau fraîche et dorée. Elle possédait des bras et des mollets ronds, une taille fine et un buste si bien dessiné que l’on eût dit une photographie.


    Boris Vian, L’Écume des jours


    Texte 2
    Il entra, gratta ses pieds sur une grille luisante aux lames acérées et suivit un couloir bas bordé par des lampes à lumière pulsée. Tout au bout du couloir, il y avait une porte. Elle portait le numéro indiqué dans le journal et il entra sans frapper comme le recommandait l’annonce.


    Boris Vian, L’Écume des jours


    Texte 3
    De forme sensiblement carrée, assez élevée de plafond, la chambre de Colin prenait jour sur le dehors par une baie de cinquante centimètres de haut qui courait sur toute la longueur du mur à un mètre vingt du sol environ. Le plancher était recouvert d’un épais tapis orange clair et les murs tendus de cuir naturel. Le lit ne reposait pas sur le tapis mais sur une plate-forme à mi-hauteur du mur. On y accédait par une petite échelle de chêne syracusé garnie de cuivre rouge blanc. La niche formée par la plate-forme, sous le lit, servait de boudoir. Il s’y trouvait des livres et des fauteuils confortables, et la photographie du Dalaï-Lama.


    Boris Vian, L’Écume des jours



    Questions
    1. Dans chacun des textes, repérez le thème des phrases, c’est-à-dire les groupes de mots qui servent de point de départ à chacune d’entre elles.
    2. Comment les thèmes s’enchaînent-ils d’une phrase à l’autre, dans chacun des textes ?

    Leçon

    Du point de vue de l’information, un texte est constitué à la fois de la reprise d’éléments déjà présentés antérieurement (thèmes) et de l’apport d’informations nouvelles (propos).
    Quand on étudie la progression du texte on peut distinguer deux cas :
    — le thème est en rapport avec un élément de la phrase précédente : on dit qu’il y a continuité ;
    — le thème est nouveau par rapport aux éléments de la phrase précédente : on considère qu’il y a renouvellement dans les thèmes.

    1. Les progressions thématiques types
    A. la progression à thème constant
    Certains passages présentent une suite de phrases dont les thèmes sont la reprise de celui de la phrase précédente, soit sous forme de pronom, soit sous la forme d’une reprise nominale (voir p. 00)
    Le thème constant est associé, d’une phrase à l’autre, à différents propos.
    C’est le cas de l’extrait 1 de L’Écume des jours.







    B. la progression linéaire ou en escalier
    Certains passages présentent une suite de phrases dont l’enchaînement se fait de proche en proche : le propos d’une phrase (ou une partie de celui-ci) devient le thème de la phrase suivante. Dans ce cas, le thème est nouveau par rapport au précédent, mais la continuité du texte est assurée.
    C’est le cas de l’extrait 2 de l’Écume des jours.







    C. la progression à thèmes dérivés ou en éventail
    Le thème de chaque phrase du passage est identifié par association avec le titre du texte, ou le thème de la première phrase s’il indique le thème général du texte.
    Ex. : la chambre de Colin > • le plancher • le lit • la plate-forme • la niche (thèmes dérivés)







    2. Progressions thématiques et types de textes
    Les progressions thématiques types se retrouvent rarement à l’état pur au-delà de quelques phrases. Elles se combinent au sein de chaque type de texte : narratif, descriptif, informatif, injonctif, argumentatif.
    Cependant, on peut constater certaines affinités particulières
    A. les séquences narratives
    Elles suivent souvent une progression à thème constant. Ce thème constitue le point d’ancrage du passage, indique le déroulement d’une action et offre une unité de point de vue. Il permet de suivre constamment le personnage :
    Ex. : Colin reposa le peigne et, s’armant du coupe-ongles, tailla en biseau les coins de ses paupières mates, pour donner du mystère à son regard. Il devait recommencer souvent, car elles repoussaient vite. Il alluma la petite lampe du miroir grossissant et s’en approcha pour vérifier l’état de son épiderme.


    Boris Vian, L’Écume des jours



    B. les séquences descriptives
    •• Elles s’organisent le plus souvent selon une progression à thèmes dérivés : les différents éléments de la description d’un objet, d’un lieu, d’un personnage sont dérivés d’un thème général présent dans la première phrase du passage :
    Ex. : La pièce, de quatre mètres sur cinq environ, prenait jour sur l’avenue Louis-Armstrong par deux baies allongées. Des glaces sans tain coulissaient sur le côté et permettaient d’introduire les odeurs du printemps lorsqu’il s’en rencontrait à l’extérieur. Du côté opposé, une table de chêne souple occupait l’un des coins de la pièce. Deux banquettes à angle droit correspondaient à deux des côtés de la table et des chaises assorties, à coussins de maroquin bleu, garnissaient les deux côtés libres.


    Boris Vian, L’Écume des jours



    •• Quand la description est faite du point de vue d’un personnage et intégrée dans le récit, elle suit une progression à thème constant :

    Ex.  : Colin choisit une nappe bleu clair assortie au tapis. Il disposa, au centre de la table, un surtout formé d’un bocal de formol à l’intérieur duquel deux embryons de poulet semblaient mimer le Spectre de la Rose, dans la chorégraphie de Nijinsky. [Alentour, quelques branches de mimosa en lanières : un jardinier de ses amis l’obtenait par croisement du mimosa ordinaire, en boules, avec le ruban de réglisse noir que l’on trouve chez les merciers en sortant de classe.] Puis il prit, pour chacun, deux assiettes de porcelaine croisillonnée d’or transparent, un couvert d’acier inoxydable aux manches ajourés, dans chacun desquels une coccinelle empaillée, isolée entre deux plaquettes de plexiglas, portait bonheur.


    Boris Vian, L’Écume des jours




    •• La progression linéaire est également possible pour une description : elle crée un effet de réel en mettant les détails en relief.
    Ex. : Un guéridon, un vase contenant des fleurs en papier, puis les rideaux de l’alcôve, le lit, une armoire ; près de l’armoire, une petite porte recouverte de tapisserie. Près de la porte, une chaise ; sur la chaise, des linges, pantalons et jupes brodés.


    Jean Giono, Le Hussard sur le toit, © Gallimard.



    C. les séquences explicatives
    Elles présentent des exemples de toutes les progressions.
    •• thème constant :
    Ex.  : Mercator (1512-1594) fut le plus original et le plus important des géographes. Il avait reçu une excellente instruction. Né en Flandres, il étudie la philosophie et la théologie à l’université de Louvain. Il se tourne ensuite vers les mathématiques et l’astronomie. Sa première œuvre, en 1537, est une petite carte de Palestine. (D’après D. Boorstin, Les découvreurs, © Laffont, coll. Bouquins.)

    •• thèmes dérivés :
    Ex.  : Nanga Parbat. — Son exploration débute dès 1856. En 1895, Mummery y atteint l’altitude de 6000 mètres, mais il disparaît dans une crevasse avec deux porteurs. En 1953, Hermann Bülh, empruntant le versant NE, atteint le sommet, seul. En 1962, Kinshofer, Löw et Mannhart réussissent le première du versant NO ; en 1970, Günther et les deux frères Messner celle de l’arête Sud.


    (D’après Pierre Mazeaud, Les Carnets de l’Aventure)



    •• progression linéaire :
    ex.  : Washington, 1843. — Le Congrès et le Sénat des États-Unis viennent d’accorder enfin 30 000 § à l’inventeur Morse. Grâce à cette somme il pourra améliorer et mettre en œuvre son invention : le « télégraphe magnétique ». Cet instrument qui permet de transmettre des messages à l’aide du courant électrique fonctionne au moyen d’un code dont Morse est l’inventeur. Ce procédé de transmission est une combinaison de points et de traits figurant toutes les lettres de l’alphabet.


    D’après le Journal du Monde, © Denoël.



    D. les séquences argumentatives
    •• Elles se présentent sous forme de thème constant lorsqu’on se contente de juxtaposer, d’additionner des arguments :
    Ex.  : La culture scientifique des Français est trop peu développée. Elle souffre d’un enseignement scientifique insuffisant dès l’école primaire. Elle devrait être assez développée pour lutter contre le charlatanisme, les superstitions, l’astrologie, les sciences occultes. Elle devrait être plus largement relayée par les médias.

    •• Elles se présentent sous la forme de progression à thèmes dérivés qui permettent de développer les différents points d’un raisonnement.
    Mais, pour ce type de texte, ce sont surtout les paragraphes qui s’enchaînent de cette manière plutôt que les phrases elles-mêmes. La présence de reprises en début de paragraphe permet de repérer la progression du texte.

    Ex. : les paragraphes d’un texte : Le stress du quotidien
    1e § « Bien des gens croient que le bonheur dépend de leurs biens matériels… » (suite : stress et bonheur)
    2e § « On doit distinguer deux formes de stress… » (suite : stress négatif et stress positif)
    3e § « Donc on peut considérer que le stress… » (suite : stress et conception de la vie)
    4e § « Pour lutter contre le stress destructeur… » (suite : attitude idéale)

    Pour l’expression écrite :
    Le choix de telle ou telle progression ne dépend pas particulièrement du type de texte, mais plutôt de l’intention de l’émetteur.
    Si l’émetteur veut attirer l’attention sur un objet, il utilisera une progression linéaire qui conduit le regard du lecteur, par un effet de « travelling », vers un détail significatif ou symbolique.
    Si l’émetteur veut insister sur un personnage ou une idée, il utilisera plutôt la progression à thème constant.
    Si l’émetteur veut ordonner une argumentation complexe, structurer fortement un récit, disposer une description dans l’espace, il utilisera une progression à thèmes dérivés, soulignée par des organisateurs logiques (d’abord, ensuite, enfin), des organisateurs chronologiques (Le matin, en début d’après-midi, le soir), ou spatiaux (à gauche, à droite, au fond…)

    3. Les ruptures thématiques
    Il y a rupture chaque fois que la progression thématique choisie s’interrompt, et se trouve remplacée par une autre.

    A. Dans le récit :
    Dans le domaine narratif, les ruptures ou glissements thématiques matérialisent certaines intentions de l’auteur :
    • changement de personnage
    Exemple  : Le jeune homme se reprocha vivement ce qu’il appelait sa balourdise, sa grossièreté, sa sottise. Il errait au hasard, persuadé qu’il ne reverrait plus cette gracieuse créature, lorsqu’il l’aperçut soudain venant à sa rencontre et forcée de passer près de lui dans l’étroit sentier. Elle écartait de ses deux mains nues les plis de son grand manteau. Elle avait des souliers noirs très découverts. Ses chevilles étaient si fines qu’elles pliaient par instants et qu’on craignait de les voir se briser.


    Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, © Émile-Paul.



    • passage du premier plan à l’arrière-plan du récit
    Ce procédé se combine avec l’opposition passé simple/imparfait.
    Exemple  : D’abord elle ne vit rien, aveuglée par cette flamme minuscule comme par un météore, et brusquement elle fut debout sans savoir ce qu’elle faisait. Étendu en travers su grand fauteuil de velours cerise aux reflets de braise, un garçon d’environ dix-sept ans dormait dans une de ces attitudes à la fois tragiques et nonchalantes par lesquelles le sommeil s’apparente à la mort.


    Julien Green, Minuit, © Seuil, 1936.



    • insertion d’une description et d’un commentaire


    Exemple  : Elle se tut, et personne n’osa rompre le silence. La pelouse était couverte de faibles vapeurs condensées, qui déroulaient leurs blancs flocons sur les pointes des herbes. Nous pensions être en paradis. Je me levai enfin, courant au parterre du château, où se trouvaient des lauriers plantés dans de grands vases de faïence peints en camaïeu. Je rapportai deux branches qui furent tressées en couronne et nouées d’un ruban. Je posai sur la tête d’Adrienne cet ornement […]


    Gérard de Nerval, Sylvie.



    B. Dans le raisonnement et l’argumentation
    Différents cas peuvent se présenter.
    • Introduire une opposition :
    Ex.  : Isis, en dix-huit ans d’âge, était parvenue à se munir de cheveux châtains, d’un sweat-shirt blanc et d’une jupe jaune avec un foulard vert acide, de chaussures blanches et jaunes et de lunettes de soleil. Elle était jolie. Mais Colin connaissait très bien ses parents.


    Boris Vian, L’Écume des jours



    • Introduire la cause d’un fait :
    Ex.  : Une discordance dans le vacarme lui fit soudain lever les yeux. Il chercha d’où provenait le bruit suspect. Un des jets de purification venait de s’arrêter au milieu de la salle et restait en l’air comme tranché en deux. Les quatre machines qu’il avait cessé de desservir trépidaient, on les voyait remuer à distance et devant chacune d’elles, une forme s’affaissa peu à peu. Chick posa son livre et se rua au dehors.


    Boris Vian, L’Écume des jours



    • Introduire la conséquence :
    Ex.  : Elle s’en alla par un mouvement de reine. Je sentis alors le ridicule de ma position ; alors seulement je compris que j’étais fagoté comme le singe d’un Savoyard. J’eus honte de moi.


    H. de Balzac, Le Lys dans la vallée, 1835.



    • généraliser :
    C’est passer du concret à l’abstrait.
    Ex.  : J’aimais à le voir, sans me douter du plaisir que j’y trouvais ; j’étais coquette pour les autres, et je ne l’étais pas pour lui ; j’oubliais à lui plaire, et ne songeais qu’à le regarder. Apparemment que l’amour, la première fois qu’on en prend, commence avec cette bonne foi-là, et peut-être que la douceur d’aimer interrompt le soin d’être aimable.


    Marivaux, La Vie de Marianne, 1731-1741.



    • particulariser :
    C’est, le plus souvent, passer de l’abstrait à l’exemple concret.
    Ex.  : Gabriel Lecouvreur n’aime pas les églises, il y voit toujours défiler les siècles et les bûchers, il y entend la voix éraillée de Torquemada et les hurlements d’horreur de la Saint Barthélemy. Il s’y sent mal, dans ces sinistres nefs de pierre. Et, ce matin, celle qu’il traverse, en silence est comme les autres, sombre, déserte, à peine illuminée par les petits cierges brûlant devant les chapelles.


    Nicloux, Pouy, Raynal, Le Poulpe, le film © Baleine, 1998.



    Résumé
    Dans un texte, les différentes successions des thèmes (éléments déjà présentés antérieurement) et des propos (informations nouvelles) s’établissent selon des progressions types :
    — la progression à thème constant présente une suite de phrases dont les thèmes reprennent celui de la phrase précédente ;
    — la progression linéaire présente une suite de phrases dont l’enchaînement se fait de proche en proche : le propos d’une phrase (ou une partie de celui-ci) devient le thème de la phrase suivante ;
    — la progression à thèmes dérivés présente une suite de phrases ainsi enchaînées : le thème de chaque phrase du passage est identifié par association avec un thème général, indiqué par le titre du texte, ou le thème de la première phrase.

    Dans un récit, les ruptures de progression permettent un changement de personnage, le passage d’un plan à un autre, l’insertion d’une description ou d’un commentaire.


    Dans un raisonnement, les ruptures thématiques permettent d’introduire une opposition, une cause, une conséquence, de particulariser, de généraliser…




    Leçon publiée dans Grammaire et expression 3e Nathan

    sellami kamel
    sellami kamel

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    Message par sellami kamel le Dim 24 Fév - 16:44






    La progression thématique

    La progression thématique est la manière dont un auteur distribue l’information et assure la cohérence de son texte. C’est ce qui nous permet de repérer le cheminement de sa pensée et de repérer le plan qu’il a adopté.

    Une phrase est constituée d’un thème et d’un propos.
    Le thème : C’est l’élément dont on parle, l’information connue (personne, chose, idée, etc.)
    Le propos : C’est ce que l’on dit à propos de ce thème, l’information nouvelle
    LES PROGRESSIONS THÉMATIQUES




    Thème (ou topic) est utilisé dans deux domaines distincts : pour référer à un segment privilégié de la phrase quand celle-ci est appréhendée à l’intérieur de la dynamique textuelle, ou pour caractériser l’unité sémantique d’un texte.

    - La phrase n’est pas seulement une structure syntaxique, elle participe à la progression d’un texte. Elle répartit informations connues et informations nouvelles en appuyant les secondes sur les premières. Une information nouvelle, une fois posée, devient connue et peut ainsi servir de nouveau point d’appui. Dans une phrase on distingue ainsi le thème, ce dont on parle, l’élément connu, et le rhème ou le propos (l’information nouvelle), qui constitue l’apport d’information. Pour « Mon patron m’a donné une augmentation ; mais elle n’est pas énorme » on peut considérer que dans la première proposition « mon patron » est le thème et le reste le rhème. Mais « une augmentation » passe du statut de constituant du rhème à celui de thème dans la phrase qui suit. On appelle progression thématique ce phénomène qui a été théorisé sous le nom de « perspective fonctionnelle » par l’École de Prague, en particulier par Mathesius dans les années1920 et Danes (1974).

    - Le thème d’un texte correspond à ce qu’intuitivement on peut exprimer comme « De quoi ça parle ? ». Quelle que soit sa longueur, un texte présumé cohérent doit construire une représentation et pouvoir être résumé. Certains parlent de macrostructure sémantique pour désigner le thème d’un texte appréhendé dans son ensemble. Comme chaque groupe de phrases qui forme une unité sémantique est associable à un thème, un texte comporte des thèmes à de multiples niveaux, le dernier étant censé intégrer tous les autres. Cela fait partie de la compétence des sujets parlants que de pouvoir ainsi synthétiser un grand nombre d’informations dans une structure sémantique unique.

    Déterminer quel est le thème d’un texte permet au coénonciateur de l’interpréter, en surmontant ses éventuelles lacunes et en ne retenant, s’il y a plusieurs sens possibles, que celui qui est compatible avec ce thème. Néanmoins, certains textes (littéraires en particulier), dits poly-isotopiques peuvent systématiquement développer plusieurs thèmes à la fois.

    Combettes (Bernard) distingue trois grandes possibilités de progressions:
    1-La progression à thème linéaire:"Dans la progression linéaire, le thème d'une phrase est "issu" du rhème (information nouvelle) de la phrase précédente.



    La queue magnétique de la terre
    La terre se trouve dans une vaste cavité magnétique, la magnétosphère. Cette cavité existe parce que le vent solaire rencontre sur son passage le champ magnétique terrestre. La résistance opposée par ce champ magnétique déforme le vent solaire et étire les lignes de force du champ, qui occupent alors une région à peu près cylindrique de l'espace interplanétaire, une sorte de gigantesque manche à aire longue de plusieurs millions de kilomètres: la queue magnétique terrestre.
    Ce que nous savons de la queue magnétique terrestre résulte de longue recherches sur les aurores polaires qui illuminent sporadiquement le ciel des régions des latitudes élevées. L'origine de ces aurores avaient notamment intéressé des savants aussi illustres que Galilée, Halley, Celsius et Franklin, mais il n'y a que 30 ans à peine qu'on a réellement progressé, avec l'avènement de l'ère spatiale, dans la compréhension de ce domaine...
    Extrait de la Revue Pour la Science, mai 1986







    2-La progression à thème constant:"Plus fréquente que la précédente... La progression à thème constant, qui conserve le même point de dans toutes les phrases d'un passage peut évidemment s'étendre sur des extraits assez longs.(...)

    Ce type de progression est relativement fréquent dans la narration; les phrases s'articulent, pourrait-on dire, autour d'un personnage et chaque rhème introduit des actions nouvelles"




    Al-Ghazali, l'inspirateur.
    Toute la vie d'Al-Ghazali paraît sous-tendu par la volonté de rendre la foi des musulmans sa pureté et sa vigueur originelles. Et il s'efforce de le faire en relevant un à un les défis auxquels l'Islam est alors confronté, en puisant même dans ces défis les forces nécessaires à cette grande entreprises qu'il nommera "Restauration des sciences de la religion".
    Il tire admirablement profit, à cet effet, de toutes les ressources intellectuelles que lui offre le savoir accumulé en son temps. Il commence par étudier exhaustivement -il y mettra dix ans - toutes les traditions intellectuelles établies au cours de la période précédente, en les soumettant à une critique systématique, mais en reconnaissant à chacune d'entre elles sa part de sagesse et de validité...

    Amadou-Mahtar M'Bow. In le Courrier de l'UNESCO. Novembre 1986







    3-La progression à thème dérivé ou éclaté:Progression plus complexe que les précédentes. Les thèmes sont issus, dérivés d'un "hyperthème" ou d'un "hyperrhème" qui peut se trouver au début du passage ou dans un passage précédent. Ce type de progression à thème éclaté (ou dérivé) est fréquent dans les descriptions, les diverses parties de la réalités sont prises comme point de départ de chaque phrase; les oeuvres de fiction peuvent fournir de nombreux exemples. Mais il est aussi bien représenté dans les textes explicatifs ou argumentatifs dans lesquels, justement, il s'agit souvent de développer différents points.




    Galilée et l'expérimentation.
    Quelle idée Galilée se faisait-il de la "méthode scientifique"? Comment a-t-il construit ses propres théories? Et, plus spécialement, dans quelle mesure a-t-il recouru à l'expérimentation ?
    Ces questions, chez les historiens des sciences, font l'objet de multiples et âpres débats. Selon les uns, Galilée était un expérimentateur habile; mieux encore, il mérite d'être considéré comme le véritable fondateur de "la méthode expérimentale" chère aux physiciens modernes. Selon les autres, il s'agit là d'un mythe. Galilée, déclarent-ils, travaillait à une époque où l'on ne disposait pas d'une instrumentation scientifique suffisamment précise.
    Aujourd'hui encore, ces deux camps s'affrontent. En ce qui concerne les travaux de Galilée sur la chute des corps, par exemple, les discussions vont bon train. Les partisans d'un Galilée-expérimentateur affirment qu'il a trouvé ses idées en manipulant des boules et des plans inclinés, animé par le constant souci de "dialoguer avec les faits"...

    Pierre Thuillier. La recherche.1988
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    kantara

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    Message par kantara le Dim 24 Fév - 17:10

    Prière.. citer la source .
    sellami kamel
    sellami kamel

    Date d'inscription : 25/10/2011
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    Message par sellami kamel le Lun 25 Fév - 18:26

    je le ferai .....prochainement

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    Message par Contenu sponsorisé


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