ENSEIGNEMENT DES LANGUES ETRANGERES EN ALGERIE

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APPRENTISSAGE: FRANCAIS ET ANGLAIS AUX TROIS CYCLES: PRIMAIRE-MOYEN-SECONDAIRE


    Reggane : 50 ans et toujours des victimes

    Administrateur
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    Admin

    Date d'inscription : 03/11/2009
    Localisation : Algérie

    Reggane : 50 ans et toujours des victimes Empty Reggane : 50 ans et toujours des victimes

    Message par Administrateur le Sam 13 Fév - 6:22

    Journal Liberté : Actualité (Samedi 13 Février 2010)

    LES EFFETS DE LA BOMBE FRANÇAISE SE FONT ENCORE SENTIR SUR LA POPULATION

    Reggane : 50 ans et toujours des victimes
    Par : L. AÏT TIMOUCHEReggane : 50 ans et toujours des victimes 3911

    L’explosion nucléaire continue de faire des victimes dont la plupart sont des enfants de la région de Reggane.Il

    y a 50 ans jour pour jour, le général de Gaulle et président alors de
    la Ve République française reçoit un appel téléphonique en provenance
    d’Algérie de la part du capitaine Miclon lui annonçant la réussite des
    essais nucléaires dans le Sud algérien. Les essais ont fait entrer la
    France par la grande porte dans le club des nations détenant l’arme
    nucléaire.
    Et depuis, ces essais à travers l’opération
    Gerboise-Bleue, ont fait et continuent de faire des victimes dont la
    plupart sont des enfants de la région de Reggane.
    50 ans plus tard,
    la population de Reggane vit encore sous l’onde de choc des retombées
    dramatiques de ces essais. La localité continue à compter encore un
    taux important de cancéreux, d’hypertendus et d’innombrables cas
    pathologiques liés à cette catastrophe que la France coloniale a
    réalisée au vu et au su de toutes les puissances de l’époque.
    Avant
    les essais, les militaires français œuvraient en sorte que la région de
    Reggane soit une localité où il sera difficile d’y vivre. En un temps
    record, la quatrième puissance militaire de l’époque construit une
    caserne, un aérodrome et réunit tous les moyens nécessaires pour les
    essais nucléaires. Il était 6 heures du matin, ce jour 13 février 1960,
    les militaires français somment les habitants de Reggane à accrocher à
    leur cou des pendentifs en forme de clichés. Quelques instants plus
    tard, une violente déflagration a été entendue. Ce fut le premier tir
    nucléaire de la France.
    Ce tir a eu un retentissement particulier
    puisque les retombées radioactives de l’opération ont été signalées
    même dans des États africains voisins tels que le Mali, le Niger, le
    Soudan et le Sénégal.
    Des fuites de rayons gamma et X ont été
    observées, phénomène qui a facilité la contamination des populations
    locales. Et plus de cette propagation, l’armée française après son
    forfait n’a même pas pris le soin de décontaminer la zone
    d’El-Hamoudia, à 15 km de la ville de Reggane, scène de ces essais,
    mais elle a laissé tout le matériel que les habitants par ignorance ont
    récupéré chez eux, des outils qui enfermaient eux aussi des quantités
    considérables de radioactivité.
    La présence de ces effets imbus de
    radioactivité a provoqué plusieurs maladies parmi la population de
    Reggane, des cancers de la peau, des leucémies, des malformations chez
    les nouveau-nés et des hémorragies internes pour les femmes.
    En plus
    des dégâts humains que ces essais ont engendrés, il y a lieu de
    signaler la catastrophe naturelle et écologique que la France coloniale
    a provoquée dans cette localité : la région d’El-Hamoudia ne verra pas
    pousser une plante sur son sol avant les
    24 000 ans à venir, les
    ressources hydriques ont été touchées et même les chameaux n’ont été
    épargnés par les leucémies et les différents cancers. Au lieu de
    reconnaître ses erreurs historiques et son passé colonial, la France
    persiste à travers ses décisions de tri sélectifs des victimes. Puisque
    les vétérans des essais nucléaires et les populations de la Polynésie
    sont reconnus en tant que tels, alors que les victimes de Reggane ont
    été d’ailleurs moins nombreux dans plusieurs projets de loi qu’Hervé
    Morin, ministre de la Défense français qu’a introduits à l’Assemblée
    nationale.
    Après une réaction de la part des membres de
    l’association 13-Février-1960 et de la presse nationale, le ministre
    français a fini par introduire les victimes algériennes, mais seulement
    après une opération de recensement des victimes qui étaient présentes
    au moment des essais. Chose que les militants des droits des victimes
    ont rejeté en bloc puisque leur soucis est la prise en charge de tous
    les malades causés par ces essais pas seulement ceux qui étaient
    vivants en 1960. Les animateurs de l’association insistent beaucoup
    plus sur la reconnaissance et pas sur les indemnités financières. “Les
    indemnités financières destinées à des individus n’intéressent pas
    l’association, mais nous demandons une indemnité pour toute la localité
    puisque c’est toute la région qui en fait les frais de ces essais”.
    À
    rappeler que plusieurs commissions médicales françaises ont fait le
    déplacement dans la région afin de s’enquérir de la situation des
    enfants de Reggane.
    La dernière commission s’est déplacée en novembre 2009 afin de procéder au recensement des victimes.
    Administrateur
    Administrateur
    Admin

    Date d'inscription : 03/11/2009
    Localisation : Algérie

    Reggane : 50 ans et toujours des victimes Empty Re: Reggane : 50 ans et toujours des victimes

    Message par Administrateur le Sam 13 Fév - 6:43

    Voici un autre article sur le même thème publié au journal El Watan

    Reggane, 50 ans après les essais nucléaires français : Des plaies toujours béantes




    Des
    témoignages recueillis sur place évoquent l’existence d’un fichier
    individualisé de presque toutes les victimes de Reggane ainsi que celui
    des ouvriers qui y ont travaillé durant cette période.
    Tous les témoignages recueillis par les différents chercheurs ou
    journalistes auprès des personnes qui sont encore en vie et qui ont
    assisté ou participé de près ou de loin aux essais nucléaires français,
    sont unanimes sur le fait que ces expériences ont laissé des traces
    indélébiles. La faune, la flore et les hommes n’en guérissent pas. Omar
    Lhamel, président de l’Association du 13 février 1960 de Reggane, qui
    compte une cinquantaine d’adhérents, le pire des renoncements serait
    l’oubli.



    Les
    effets des expériences atomiques de Hamoudia sont encore palpables de
    nos jours. Avant les explosions, les terres du Touat et du Tidikelt
    étaient très fertiles, si l’on se fie aux récits des anciens ; on y
    cultivait des céréales, des dattes, des lentilles, des primeurs de
    qualité et en quantité. On y trouvait des cheptels et des animaux de
    toutes espèces comme la gazelle, le fennec, le mouflon, des oiseaux et
    des rapaces de tous genres, etc. Tout cela a disparu », lâche-t-il avec
    un soupir. Notre interlocuteur affirme que la fréquence du cancer dans
    la région est l’autre indice que l’opération Gerboise Bleue continue à
    répande son poison. En l’absence d’études exhaustives et de
    statistiques établies par des spécialistes du domaine, notre
    interlocuteur refuse néanmoins de s’aventurer pour incriminer
    directement la bombe atomique. « Non, je ne peux pas affirmer que tous
    les cas de cancer et autres handicaps apparus sur les personnes vivant
    dans cette région sont le fait des essais nucléaires, mais je pourrai
    dire que ce nombre a beaucoup augmenté. Moi, par exemple, j’ai eu deux
    enfants, l’un présente un retard mental et son frère cadet est né avec
    un pied bot. Je suis croyant et je me résigne à accepter le destin,
    mais nous avons besoin de l’apport des spécialistes et des médecins
    pour le savoir. »

    L’avis de Mekki Kaloum, sociologue et chercheur à Adrar, est plus
    tranchant. Il considère cet acte comme « un crime contre l’humanité et
    une agression contre la nature ». Celui-ci détient soigneusement
    l’important fichier individualisé de presque toutes les victimes de
    Reggane ainsi que celui des ouvriers qui ont travaillé à cette période
    sur cette base de la 2e compagnie de l’armée française, par tranche
    d’âge et par région d’origine.

    Cobayes humains


    Ses recherches font apparaître que la France a engagé de force des
    Algériens, pour les besoins de ses essais, sur proposition des caïds de
    l’époque.
    Cette main-d’œuvre était originaire surtout des ksour : Adrar (40%),
    Zaouiet Kounta (24%), Fenoughil (7%), Reggane (11%) et même des régions
    de Tindouf et de Béchar (Kerzaz). L’âge de ces « employés » oscillait
    entre 12 et 46 ans (dont 5% de 12 à 15 ans) ; il y avait même de femmes
    présentes. Une grande partie de ces travailleurs a participé seulement
    aux travaux de génie civil pour la réalisation de la base
    d’expérimentation, avec à l’esprit qu’il s’agissait d’un simple
    programme d’urbanisme. Ceux-ci ont été congédiés à la veille de
    l’explosion et une quarantaine de personnes qualifiées, jugées
    indispensables, ont été réquisitionnées pour la suite des expériences.

    En prévision de l’explosion, les ouvriers retenus sur place ont reçu
    des colliers munis de plaques métalliques d’identification ainsi qu’un
    autre collier, sous forme d’un talisman qui n’était autre qu’un
    dosimètre servant à mesurer les radiations après le test. Salmi
    Mohamed, né en 1937, un des témoins, ouvrier de son état, qui se
    trouvait à Hamoudia le jour de l’explosion, affirme qu’ils étaient une
    quarantaine d’Algériens a avoir été mis sous des tentes dans un endroit
    nommé Targuia ; vers 16h, il leur a été ordonné de sortir et de se
    mettre à plat ventre, à même le sol, et de se couvrir le visage.

    Contamination de la nappe phréatique


    Selon lui, la terre avait enregistré de violentes secousses et un
    énorme nuage de feu, de lumière, de fumée et de sable s’est formé en
    champignon avec un panache qui s’est dirigé vers le sud. Cette
    description a été retrouvée chez pratiquement tous les témoins. D’après
    M. Kaloum, le PV dressé au moment de l’explosion du 13 février 1960
    fait état des mentions suivantes : pour Gerboise bleue, 70 kilotonnes
    (kt) ; 13 février 1960 ; conséquences sur les personnes : 4
    contaminations de la peau et une irradiation de 1mSv. D’autres essais
    suivront durant l’année. « Moi je suis affirmatif : après ces essais,
    les cancers du sang et de la peau et des difficultés de la vision ont
    subitement apparu chez les populations résidentes à l’intérieur d’un
    rayon de 150 km autour du point Zéro (Hamoudia) et avec aussi la
    disparition du dromadaire, du fennec, de la chèvre ; il y a eu même
    absence de moustiques…

    La nappe phréatique a été contaminée, le blé ne pousse plus à sa
    taille normale, le palmier a été atteint de ce que j’appelle le bayoud
    nucléaire. » « Et puis avant de quitter Reggane, les militaires ont
    enfoui tout leur arsenal contaminé qu’ils ne pouvaient pas transporter
    avec eux. Un bunker blindé et fermé est encore sur les lieux, au point
    Zéro, qui certainement contiendrait encore des produits radioactifs »,
    soutient notre interlocuteur. Toutes les victimes que nous avons
    contactées, ainsi que le porte-parole de l’Association du 13 février
    1960, nous ont fait pratiquement la même déclaration : « Nous ne
    demandons aucune indemnisation financière à la France. Mais nous
    exigeons une réparation morale avec d’abord des excuses officielles
    pour nous avoir utilisés comme cobayes. »






    Par B. Ouguirti
    Reggane, 50 ans après les essais nucléaires français : Des plaies toujours béantes



    Des
    témoignages recueillis sur place évoquent l’existence d’un fichier
    individualisé de presque toutes les victimes de Reggane ainsi que celui
    des ouvriers qui y ont travaillé durant cette période.
    Tous les témoignages recueillis par les différents chercheurs ou
    journalistes auprès des personnes qui sont encore en vie et qui ont
    assisté ou participé de près ou de loin aux essais nucléaires français,
    sont unanimes sur le fait que ces expériences ont laissé des traces
    indélébiles. La faune, la flore et les hommes n’en guérissent pas. Omar
    Lhamel, président de l’Association du 13 février 1960 de Reggane, qui
    compte une cinquantaine d’adhérents, le pire des renoncements serait
    l’oubli.



    Les
    effets des expériences atomiques de Hamoudia sont encore palpables de
    nos jours. Avant les explosions, les terres du Touat et du Tidikelt
    étaient très fertiles, si l’on se fie aux récits des anciens ; on y
    cultivait des céréales, des dattes, des lentilles, des primeurs de
    qualité et en quantité. On y trouvait des cheptels et des animaux de
    toutes espèces comme la gazelle, le fennec, le mouflon, des oiseaux et
    des rapaces de tous genres, etc. Tout cela a disparu », lâche-t-il avec
    un soupir. Notre interlocuteur affirme que la fréquence du cancer dans
    la région est l’autre indice que l’opération Gerboise Bleue continue à
    répande son poison. En l’absence d’études exhaustives et de
    statistiques établies par des spécialistes du domaine, notre
    interlocuteur refuse néanmoins de s’aventurer pour incriminer
    directement la bombe atomique. « Non, je ne peux pas affirmer que tous
    les cas de cancer et autres handicaps apparus sur les personnes vivant
    dans cette région sont le fait des essais nucléaires, mais je pourrai
    dire que ce nombre a beaucoup augmenté. Moi, par exemple, j’ai eu deux
    enfants, l’un présente un retard mental et son frère cadet est né avec
    un pied bot. Je suis croyant et je me résigne à accepter le destin,
    mais nous avons besoin de l’apport des spécialistes et des médecins
    pour le savoir. »

    L’avis de Mekki Kaloum, sociologue et chercheur à Adrar, est plus
    tranchant. Il considère cet acte comme « un crime contre l’humanité et
    une agression contre la nature ». Celui-ci détient soigneusement
    l’important fichier individualisé de presque toutes les victimes de
    Reggane ainsi que celui des ouvriers qui ont travaillé à cette période
    sur cette base de la 2e compagnie de l’armée française, par tranche
    d’âge et par région d’origine.

    Cobayes humains


    Ses recherches font apparaître que la France a engagé de force des
    Algériens, pour les besoins de ses essais, sur proposition des caïds de
    l’époque.
    Cette main-d’œuvre était originaire surtout des ksour : Adrar (40%),
    Zaouiet Kounta (24%), Fenoughil (7%), Reggane (11%) et même des régions
    de Tindouf et de Béchar (Kerzaz). L’âge de ces « employés » oscillait
    entre 12 et 46 ans (dont 5% de 12 à 15 ans) ; il y avait même de femmes
    présentes. Une grande partie de ces travailleurs a participé seulement
    aux travaux de génie civil pour la réalisation de la base
    d’expérimentation, avec à l’esprit qu’il s’agissait d’un simple
    programme d’urbanisme. Ceux-ci ont été congédiés à la veille de
    l’explosion et une quarantaine de personnes qualifiées, jugées
    indispensables, ont été réquisitionnées pour la suite des expériences.

    En prévision de l’explosion, les ouvriers retenus sur place ont reçu
    des colliers munis de plaques métalliques d’identification ainsi qu’un
    autre collier, sous forme d’un talisman qui n’était autre qu’un
    dosimètre servant à mesurer les radiations après le test. Salmi
    Mohamed, né en 1937, un des témoins, ouvrier de son état, qui se
    trouvait à Hamoudia le jour de l’explosion, affirme qu’ils étaient une
    quarantaine d’Algériens a avoir été mis sous des tentes dans un endroit
    nommé Targuia ; vers 16h, il leur a été ordonné de sortir et de se
    mettre à plat ventre, à même le sol, et de se couvrir le visage.

    Contamination de la nappe phréatique


    Selon lui, la terre avait enregistré de violentes secousses et un
    énorme nuage de feu, de lumière, de fumée et de sable s’est formé en
    champignon avec un panache qui s’est dirigé vers le sud. Cette
    description a été retrouvée chez pratiquement tous les témoins. D’après
    M. Kaloum, le PV dressé au moment de l’explosion du 13 février 1960
    fait état des mentions suivantes : pour Gerboise bleue, 70 kilotonnes
    (kt) ; 13 février 1960 ; conséquences sur les personnes : 4
    contaminations de la peau et une irradiation de 1mSv. D’autres essais
    suivront durant l’année. « Moi je suis affirmatif : après ces essais,
    les cancers du sang et de la peau et des difficultés de la vision ont
    subitement apparu chez les populations résidentes à l’intérieur d’un
    rayon de 150 km autour du point Zéro (Hamoudia) et avec aussi la
    disparition du dromadaire, du fennec, de la chèvre ; il y a eu même
    absence de moustiques…

    La nappe phréatique a été contaminée, le blé ne pousse plus à sa
    taille normale, le palmier a été atteint de ce que j’appelle le bayoud
    nucléaire. » « Et puis avant de quitter Reggane, les militaires ont
    enfoui tout leur arsenal contaminé qu’ils ne pouvaient pas transporter
    avec eux. Un bunker blindé et fermé est encore sur les lieux, au point
    Zéro, qui certainement contiendrait encore des produits radioactifs »,
    soutient notre interlocuteur. Toutes les victimes que nous avons
    contactées, ainsi que le porte-parole de l’Association du 13 février
    1960, nous ont fait pratiquement la même déclaration : « Nous ne
    demandons aucune indemnisation financière à la France. Mais nous
    exigeons une réparation morale avec d’abord des excuses officielles
    pour nous avoir utilisés comme cobayes. »





    Par B. Ouguirti

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