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    LES AMIS DE LA RAMPE VALLÉE FÊTENT LE MOULOUD Que reste-t-il de cette fête ?

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    Date d'inscription : 03/11/2009
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    Message par Administrateur le Sam 27 Fév - 5:28

    LES AMIS DE LA RAMPE VALLÉE FÊTENT LE MOULOUD
    Que reste-t-il de cette fête ?

    Par : Sara Kharfi


    Les différentes régions de l’Algérie ont fêté — chacune à sa manière — El-Mawlid Ennabaoui Echarif, dans une ambiance profondément encrée dans la tradition. À Alger, l’association les Amis de la Rampe Vallée a organisé une cérémonie de medh au mausolée de Sidi Abderrahmane et une petite fête en son siège.

    Le maître de la chanson andalouse, Sid-Ahmed Serri, et un groupe de ses jeunes élèves se sont chargés d’animer le rite ancestral de medh et de dikr dans la pure tradition algéroise.
    Hier matin, au mausolée de Sidi Abderrahmane, il y avait foule. Nombreux étaient les visiteurs qui sont venus rendre visite au saint patron d’Alger, pour lui rendre hommage et lui faire part de leur amour parfois excessif, de leurs déceptions et autres conflits insolubles, et même pour se recueillir. Les fêtes religieuses n’ont aucun charme sans ces “ziaras” de recueillement et de medh.
    Mais étant donné que trop peu de textes expliquent et relatent le parcours des mystiques, à l’exemple d’Abderrahmane Et-Taâlibi, qui était avant tout un savant, le profond croise souvent le profane dans ces cérémonies, le superficiel cède parfois sa place au nécessaire et le pertinent laisse toute la place à l’impertinent. Ce qui reste aujourd’hui du Mawlid Ennabaoui Echarif, ce sont les pétards et autres produits pyrotechniques. Il est inimaginable de concevoir le Mouloud sans ces bruyants et dangereux produits, qui n’ont rien à voir avec la célébration de cette fête. Dans un passé proche, la célébration du Mawlid Ennabaoui Echarif était magique. Nos grands-mères, gardiennes de la mémoire (des ombres gardiennes !), se souviennent, aujourd’hui encore, dans un soupir plein de nostalgie, des différentes traditions ancestrales et des rituels liés à cette commémoration.
    Mais, hélas, ces rites se perdent, compte tenu de leur dimension immatérielle ! La partie de cette matinée a été marquée par une petite fête au siège de l’association les Amis de la Rampe Vallée, El-Menzah, où des personnalités du monde des arts et de la culture étaient conviées, notamment Sid-Ahmed Serri et ses élèves, la présidente de la fondation Abdelkrim-Dali, Smaïl Henni, le président de l’association Inchirah, Zoulikha Chaieb, la fille de Hadj Mrizek, Mustapha Ayad, le fils d’Ahmed Ayad, alias Rouiched, Mohamed Damerdji, M. Kheznadji, l’écrivain Djamel Mati, ainsi que les habitants du quartiers.
    Lounes Aït Aoudia, le président de l’association, a déclaré dans un bref discours : “Nous vivons une situation extraordinairement pénible de la perte de mémoire. Notre association a d’ailleurs lancé un vaste chantier de reconstruction de la mémoire et des repères.” Assis à nos côtés, un groupe de jeunes, élèves de Sid-Ahmed Serri, nous ont fait part du fossé qui sépare la génération de leurs parents avec eux-mêmes. “On ne se reconnaît pas dans ce discours. Ils nous parlent de choses abstraites. Ils nous parlent du passé et de la beauté d’antan de La Casbah, mais ce que je vois moi, c’est qu’elle est sale et délabrée. Pourquoi ne nous disent-ils pas cela ? Ils nous disent qu’on ne sait pas parler, qu’on ne sait pas s’habiller, que la musique qu’on écoute n’est pas bien, mais que nous ont-ils appris eux ?” nous confie un jeune. Sans le savoir, ce jeune garçon a touché à un point extrêmement sensible : la transmission.
    Avec ses mots pleins de révolte et d’incompréhension, il a résumé la rupture qui existe entre les générations. Les jeunes veulent du concret ; ils veulent de l’action et ne se reconnaissent aucunement dans le discours prôné et célébré par la génération de leurs parents. Ceci ne les a pas empêchés d’applaudir les “aînés”, qui veulent restituer la gloire d’antan. Les jeunes, eux, veulent qu’on les écoute, qu’on les accepte et qu’on commence par leur dire la vérité.
    Toute la vérité ! La valorisation du patrimoine immatériel d’un pays passe par la transmission du savoir des aînés à la jeune génération. Mais les anciens pleurent la gloire d’antan et les jeunes ne se reconnaissent pas dans ce discours.

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