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    cours: Le texte argumentatif

    VIP
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    cours: Le texte argumentatif Empty cours: Le texte argumentatif

    Message par VIP le Mar 5 Jan - 16:55

    Le texte
    argumentatif

    Document proposé par Stéphane FONTAINE
    <sd.fontaine@wanadoo.fr>
    NB: les définitions des mots soulignés proviennent
    du Lexique des
    études littéraires
    .

    Ses fonctions :

    Tout texte argumentatif
    défend une prise de position en s'opposant implicitement ou
    explicitement à ceux qui pensent le contraire. Si le texte
    n'est pas adressé à l'adversaire lui-même, il
    vise à empêcher le lecteur de prendre cet adversaire
    au sérieux. Si le texte est directement adressé
    à l'adversaire, il vise à réduire l'autre au
    silence, sans chercher à le convaincre. Il a donc 2
    fonctions dominantes :

    - Fonction persuasive : lorsque l'émetteur
    cherche à convaincre le lecteur, à lui faire
    partager son point de vue en faisant appel à ses sentiments
    (persuader) ou à sa raison (convaincre).
    - Fonction polémique
    : lorsque l'objectif premier de l'émetteur
    est de ridiculiser celui ou ceux avec lesquels il n'est pas
    d'accord.

    I. "Comment ça marche
    ?"


    <blockquote>1. S'impliquer dans son
    discours</blockquote>

    Le principe de l'argumentation réside dans la conviction
    de son auteur qui revendique la paternité des idées
    exprimées, notamment à travers :

    • le système d'énonciation

    On recourt fréquemment à la 1ère personne,
    indice de la présence du locuteur
    dans la phrase et des propos tenus. Du fait de cette
    présence forte de l'auteur, le texte argumentatif
    relève du discours
    (qui est à l'initiative du locuteur) et non du récit
    (qui est à l'initiative du narrateur).

    Le locuteur peut se manifester (utilisation de la 1ère
    et 2ème personne et présences de marques de
    jugement) ou pas (objectivité
    apparente du texte informatif/explicatif ; utilisation de la
    3ème personne et des phrases déclaratives) pour
    masquer l'intention de convaincre Le présent intemporel est
    le temps habituel du texte argumentatif,
    puisque l'argument est valable de façon
    générale.

    • le choix du lexique comme
    indicateur du degré de certitude :

    - l'affirmation catégorique, certifiant qu'il n'y a pas
    de doute possible. Sont alors employés des termes comme
    "assurément", "sans aucun doute", "il est certain que",
    "toujours", "jamais"...
    - l'hésitation qui cherche ou semble chercher à ne
    pas contraindre le lecteur. Sont alors employés des termes
    comme "peut-être", "il est possible que",..

    En argumentant, le locuteur
    affirme sa certitude d'être dans le vrai ; il use
    d'expression qui traduisent son assurance, sa confiance dans ses
    idées comme "sans doute", "évidemment", "il est
    indubitable que", etc.… La conviction d'avoir raison
    s'affiche également dans les verbes d'obligation. Toutes
    ces marques d'un jugement personnel sont appelées modalisations.

    - l'utilisation d'un lexique affectif
    par lequel le locuteur cherche à capter la sympathie ou
    l'estime de son public et essaie de communiquer de lui l'image
    morale la plus positive ou de présenter son dessein comme
    particulièrement louable. Il utilise pour cela un réseau
    de termes propres à manifester son émotion, sa
    sincérité et son attachement à la thèse
    exposée.
    - les connotations qui
    indiquent un jugement de valeur : connotations positives pour le
    point de vue défendu ; négatives pour le point de
    vue refusé.

    <blockquote>2. S'adapter au destinataire</blockquote>

    Le souci de l'effet à produire est très fort dans
    le discours argumentatif,
    puisque l'auteur cherche à convaincre, il doit
    connaître son destinataire
    et disposer son argumentation
    en fonction de ce qu'il sait de son caractère. L'adaptation
    calculée du langage à l'auditeur relève
    parfois de la manipulation. C'est le cas lorsque les propos ne
    sont adaptés aux attentes du destinataire
    que pour tromper celui-ci.

    • en préparant l'auditoire

    Dans certains discours argumentatifs,
    l'auteur commence par une entrée en matière
    brève et percu tante, l'exorde,
    propre à capter l'attention du destinataire
    et à lui inspirer de la bienveillance. Souvent, ce type de
    texte se conclut par une péroraison,
    résumé des principaux arguments et appel aux
    sentiments.

    • en choisissant des arguments adaptés

    Le choix de la méthode d'approche et celui des arguments
    dépendra de l'esprit et des sentiments du destinataire
    à convaincre. Pour plaire et raisonner en suscitant
    l'intérêt du lecteur par l'exposition de la
    pensée en cherchant des appuis incontestables en utilisant
    :

    - la métaphore.
    Plus qu'un ornement, elle est un véritable outil de
    persuasion qui transfère l'énoncé
    abstrait dans un registre imagé et accepté du
    lecteur, en rapprochant des faits qui ne résistent pas
    toujours à l'analyse ;
    - l'exemple qui introduit un
    fragment de récit dans un
    discours abstrait et aide
    à la compréhension en fournissant une mise en
    scène de l'idée et peut avoir valeur de preuve. Ils
    ont pour fonction de soutenir une opinion, une
    vérité d'ordre intellectuel de manière
    concrète plus facile à saisir ; il appuie
    l'argument logique comme une
    illustration.
    - le récit qui concourt
    à l'agrément des propos en prêtant à
    l'argument une
    crédibilité supplémentaire en le montrant
    à l'œuvre dans une histoire vivante dotée d'un
    statut de réalité.

    • en faisant découvrir la vérité

    La meilleure façon de toucher le destinataire
    de l'argumentation est de le faire participer à la
    découverte de la vérité dont on veut le
    convaincre. Cette méthode prend en compte l'amour-propre de
    l'interlocuteur, amené à durcir ses positions
    dès lors qu'on les récuse. Elle permet d'obtenir un
    changement d'opinion de l'interlocuteur, mais en faisant mine de
    lui en laisser l'initiative.

    Il privilégiera une énonciation
    qui évite la neutralité de l'expression ordinaire et
    qui utilise un style oratoire
    :

    - l'anaphore
    (répétition à intervalles réguliers
    d'un terme ou d'une construction) qui provoque un leitmotiv
    sémantique ou sonore
    pour attirer l'attention sur une notion essentielle ;
    - la période (phrase
    longue et rythmée par des pauses secondaires) qui donne au
    discours un rythme et une
    ampleur qui traduisent le force de conviction du locuteur ;
    - l'antithèse
    (rapprochement de termes de sens opposés) qui indique la
    tonalité polémique
    au travers, souvent, de 2 champs
    lexicaux opposés pour valoriser sa thèse
    et celle qui discrédite pour renforcer l'opinion du
    locuteur par effet de
    contraste
    - le temps des verbes typiques du discours, dépourvu de
    valeurs temporelle.

    <blockquote>3. Réfuter
    l'adversaire</blockquote>

    Vouloir persuader de la vérité de son discours,
    c'est souvent du même coup contester le discours d'un autre
    : le texte argumentatif
    revêt alors la forme d'un affrontement de thèses.
    Dans un texte argumentatif
    à caractère littéraire, cet affrontement est
    rarement une réfutation
    au sens strict : l'auteur ne cherche pas à prouver la
    fausseté de la thèse adverse (comme le ferait une
    réfutation philosophique), il se contente de la
    présenter sous le jour le plus défavorable, voire de
    la ridiculiser (l'argumentation est polémique,
    du grec polemos, la guerre). Plusieurs moyens sont à sa
    disposition :

    • l'énonciation à plusieurs

    Deux voix se font entendre dans le texte à
    caractère polémique,
    celle de l'auteur et celle de l'adversaire. Vous devez observer
    chaque fois comment la parole est concédée à
    ce dernier, comment son
    discours est rapporté afin de ne pas attribuer à
    l'un la pensée de l'autre.

    • une présentation partiale des thèses
    en présence

    La thèse de l'auteur
    est exposée avec faveur à travers un réseau
    lexical valorisant : épithètes louangeuses,
    superlatifs, substantifs et verbes à connotations
    positives. Le champ
    lexical de l'approbation est d'un usage constant pour servir
    l'idée. Au contraire, la thèse
    adverse est traitée avec sévérité. En
    relevant les champs lexicaux antagonistes du bon et du mauvais et
    en étudiant leur mise en relation, vous disposerez d'un bon
    moyen d'approche de ce type d'argumentation.

    • l'ironie

    Elle constitue l'un des moyens de la polémique
    ; elle est le procédé favori des philosophes
    du XVIIIe siècle pour dénoncer les abus de leur
    temps. Elle est une arme et à ce titre elle vise une cible,
    elle déprécie l'adversaire sous couvert de son
    éloge, elle amuse le lecteur par la raillerie, et elle
    sollicite sa connivence.

    • l'emploi d'arguments
    d'autorité

    L'argument d'autorité est une affirmation
    présentée comme incontestable non pas
    nécessairement parce qu'elle est vraie, mais parce qu'elle
    émane d'une personnalité digne de foi. La citation
    d'une personnalité qui fait autorité dans le domaine
    en question ou proverbe, lieu commun de la sagesse populaire, ont
    pour but de renforcer un argument
    voire même d'entenir lieu. C'est également une
    façon pour l'auteur de faire pression sur un
    contradicteur.

    II. Comment l'analyser ?

    La parole la plus insistante ne convaincra personne si elle ne
    se présente pas clairement. La clarté de
    l'exposition, la progression logique des énoncés, de
    l'ouverture à la conclusion, sont les qualités
    premières de l'argumentation. Cet aspect est
    particulièrement sensible dans les textes à
    dominante littéraire et philosophique. Il s'agit donc de
    repérer :

    <blockquote>1. Les indices de la logique</blockquote>

    Dans sa présentation, le texte argumentatif
    manifeste une certaine organisation, premier indice de sa
    construction logique :

    • les signes typographiques constituent la marque
    apparente d'une pensée claire. La division en paragraphes
    souligne souvent les étapes du raisonnement.

    • les connecteurs
    logiques ou chronologiques permettent de souligner les
    articulations de la pensée en rendant apparentes les
    étapes du raisonnement: ce sont les conjonctions indiquant
    la cause (en effet, parce que...) ou la conséquence (alors,
    aussi, ainsi...), ou encore, les adverbes de temps (d'abord...
    ensuite... enfin).

    • la phrase d'ouverture, lorsque la construction est
    rigoureuse, présente brièvement le thème
    du texte et cet effet d'annonce fournit au lecteur une orientation
    préalable des plus utiles. Une brève conclusion
    reprend parfois, en fin de texte, la formule initiale et signale
    que, phrase après phrase, le rédacteur vous a bien
    conduit sur le lieu annoncé.

    <blockquote>2. La progression du
    raisonnement</blockquote>

    La construction de l'argumentation obéit à
    certaines règles, les unes relevant de la logique, les
    autres de la rhétorique,
    ou "art de persuader". Elle peut prendre diverses formes.

    • le raisonnement inductif
    (on part des faits particuliers pour conclure sur une
    vérité générale) qui induit des
    vérités abstraites sur la base d'expériences
    et d'observation. Ce raisonnement par induction est celui qui
    conclut à une vérité générale
    induite en partant d'un fait particulier cité en exemple.
    Ce type de raisonnement est considéré comme abusif
    car généraliser une observation à partir d'un
    cas unique ne prouve rien, mais il est souvent très
    persuasif puisqu'en s'appuyant sur des exemples concrets, il donne
    à l'argumentation son poids de réalité.

    • le raisonnement déductif
    (on part d'idées générales pour justifier une
    conclusion particulière) : c'est la démarche
    qui s'appuie sur des postulats qui ne sont pas ou plus à
    démontrer pour déduire des conséquences.

    Le raisonnement déductif est un type de construction
    dans lequel chaque affirmation doit amener nécessairement
    la suivante.

    Ce type de raisonnement n'est utilisé que dans les
    textes scientifiques et dans certains textes philosophiques ; il a
    été baptisé par Aristote "syllogisme
    nécessaire": il part d'une vérité
    générale appelée majeure (tous les hommes
    sont mortels) pour en déduire une vérité
    particulière: la conclusion (Socrate est mortel)
    grâce à une vérité intermédiaire
    appelée mineure (Socrate est un homme). L'enthymème
    (ou "syllogisme probable") est le mode de déduction que
    l'on trouve dans les textes argumentatifs
    littéraires : il part non de vérités
    prouvées mais d'affirmations probables pour obtenir
    l'adhésion car elle suggère au lecteur que la
    thèse défendue est
    objective.

    • le raisonnement concessif
    : on commence par accorder quelque crédit aux arguments ad
    verses, pour défendre ensuite plus librement ses propres
    arguments

    • le raisonnement par analogie : on met la
    réalité dont on parle en parallèle avec une
    autre réalité plus concrète ou plus
    connue.

    • la logique du thème et du propos est le mode de
    progression le plus souple. Il est bien approprié au texte
    argumentatif
    littéraire, car il permet à l'auteur d'agencer
    l'ordre de ses arguments comme il l'en tend. Le thème
    désigne ce dont on parle et ainsi se construit
    progressivement la cohérence du texte. Un texte argumentatif
    peut être structuré selon un aller-retour judicieux
    entre les idées abstraites et les exemples
    concrets.

    III. Comment définir la
    stratégie argumentative ?


    • soit tous les arguments
    et les raisonnements présentées sont en faveur de la
    thèse soutenue par le
    locuteur (ex : plaidoyer, apologie). Dans ce cas, la thèse
    est placée en tête du raisonnement et re prise en
    conclusion ;

    • soit la thèse
    est prise dans une controverse
    dialoguée (discussion, débat). Dans ce cas,
    l'exposé de la thèse
    prend en compte la thèse opposée. On peut alors
    :

    - réfuter les arguments de la thèse
    opposée en montrant qu'ils ne sont pas pertinents ou trop
    faibles ;
    - objecter/opposer à l'adversaire un contre-argument qui
    l'invalide ou retourner l'argument
    contre lui ;
    - jouer la concession
    (donner raison puis rejeter la thèse adverse avec plus de
    vigueur) ;
    - laisser sous-entendus ou implicites
    certains éléments du raisonnement ;

    • soit on vise à disqualifier l'adversaire,
    à polémiquer. On peut alors :

    - raisonner par l'absurde
    en envisageant les absurdités qui s'ensuivraient si on
    admettait la thèse
    adverse ;
    - enfermer la thèse dans un choix impossible (dilemme)
    ;
    - utiliser l'ironie pour
    feindre d'adopter l'opinion de l'autre pour mieux la
    détruire en la ridiculisant;

    • soit on utilise une argumentation de mauvaise foi comme
    :

    - la tautologie
    (raisonnement en cercle vicieux) ;
    - les prétextes ou fausses raisons pour se tirer d'un
    mauvais pas ;
    - l'argument ad hominem qui s'appuie sur la personnalité de
    l'adversaire pour réfuter ses idées.


    Document proposé par Stéphane
    FONTAINE <sd.fontaine@wanadoo.fr>,
    documenté par <Jeg>
    à l'aide du Lexique
    des études littéraires
    .
    avatar
    meriem02

    Date d'inscription : 01/11/2010

    cours: Le texte argumentatif Empty Re: cours: Le texte argumentatif

    Message par meriem02 le Mer 1 Déc - 14:37

    MERCI
    sellami kamel
    sellami kamel

    Date d'inscription : 25/10/2011
    Age : 54
    Localisation : Barika(Batna)

    cours: Le texte argumentatif Empty Re: cours: Le texte argumentatif

    Message par sellami kamel le Jeu 14 Fév - 22:41

    merci pour cette étude consacrée à l'un des textex les plus demandée ,chez nos apprenants.....
    achwak
    achwak

    Date d'inscription : 05/01/2010
    Age : 27
    Localisation : béjaia

    cours: Le texte argumentatif Empty Re: cours: Le texte argumentatif

    Message par achwak le Sam 16 Fév - 21:08

    merci pour cette étude consacrée à l'un des textex les plus demandée ,chez nos apprenants....
    des textes les plus demandés
    sellami kamel
    sellami kamel

    Date d'inscription : 25/10/2011
    Age : 54
    Localisation : Barika(Batna)

    cours: Le texte argumentatif Empty Re: cours: Le texte argumentatif

    Message par sellami kamel le Jeu 21 Fév - 17:06

    PETITE GRANDE ,ça ne peut ,en aucun cas justifier ces fautes ....meme si je vous dit que j'envoie mes contributions à partir d'un cybercafé dont les installations laissent à désirer certaines lettres sont introuvables ou effacées....ce sont les moyens de bord dont nous disposons ....

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