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    “UN PARFUM D’ABSINTHE”, DE HAMID GRINE Entre Camus et la quête d’identité

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    Message par Administrateur le Sam 30 Oct - 5:23

    “UN PARFUM D’ABSINTHE”, DE HAMID GRINE
    Entre Camus et la quête d’identité
    Par : A. Toudert
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    Partant de la polémique qui s’en est suivie entre les pour et les contre de la caravane pour Camus, l’été dernier, Hamid Grine en profile intelligemment pour en faire la trame de son nouveau roman, un Parfum d’absinthe, paru aux éditions Alpha Design. Indiscutablement, son œuvre la plus achevée et donc la plus mûrie.

    Nabil est professeur de français dans un lycée comme il en existe des centaines et sa femme Warda est aussi dans l’enseignement. Juste pour vivre de livres et de discussions, entrecoupés de scènes de ménage comme il doit en exister au bout de trente ans de mariage. Le couple est uni face aux aléas de la vie, solidaire pour l’éducation de leur deux enfants, et fidèle à l’idéal que les deux se sont forgés durant les années fac.
    Tout se déclenche à la première phrase de la première page. “Mon père est mort…”. Cela ne vous rappelle rien, même si on vous dit que c’est l’été ? La nouvelle est tombée comme un couperet, mais accueillie par Nabil et “l’étranger” avec compassion, pour ne pas dire soulagement, comme pour se débarrasser d’un fardeau. Meursault a perdu sa mère. Nabil, son père… L’annonce de Camus est plantée avant que le personnage ne fasse une longue route avec Nabil, qui part à la recherche de celui qui choisira sa mère avant la justice. Le passage par Tipasa est incontournable, d’autant que l’absinthe avec son odeur embaume ces lieux. Pour revenir à l’histoire, Nabil ne pleure pas la mort de son père, qui a été un vrai tyran durant sa vie et qui a empoisonné celle de sa mère jusqu'à la mener à la tombe. Ce père décédé est presque une délivrance tant son ombre tutélaire est plus un encombrement malgré la richesse qu’il affiche, et une insulte à la mémoire de sa mère, vite remplacée par une autre épouse, qui aurait l’âge de sa fille, et avec laquelle il redevient un bois vert. Il est mort dans son lit dans les bras de Zineb, sa seconde femme, alors qu’il aurait dû mourir, les armes à la main comme les millions de martyrs qui ont offert leur vie pour délivrer le pays. Finalement, il ne serait que le sosie de son frère cadet qui lisse ses moustaches et court les femmes mais son père le cachait si bien. Et bien, non, et c’est à ce moment que le roman s’ébranle et que la trame, lâchement tissée, prend forme. Nabil, devenu principal héritier, apprend de la bouche de son oncle qu’il n’est ni le fils de son père hadj Saci et encore moins de sa mère Oum El Khir. Ce n’est qu’un enfant que la famille a adopté. Pour preuve, c’est le seul, dans la famille à avoir les yeux verts. Son oncle, hadj Messaoud, lui assène encore cette autre vérité : il est le fils illégitime d’une algérienne, issue d’une famille aisée mais conservatrice, et d’un étranger qui habite le quartier de Belcourt, journaliste et écrivain. Pour le prof de français, le doute n’est pas permis. Serait-il le fils de Camus ? Ce prix Nobel, à la position hésitante sur les méfaits de la colonisation française, et qui tergiversait entre l’amour qu’il porte à sa mère et la commisération pour les Arabes ? L’histoire s’emballe et l’auteur nous rappelle qu’il y avait un bouquiniste à la rue Didouche et un libraire un peu plus bas. L’un vivote et le second est en train de maintenir la place pour le livre dans un espace plus indiqué pour un fast-food. Par la force des dédicaces ventes. Nabil, au cours de ses recherches, est presque persuadé que son oncle dit vrai jusqu’à sa rencontre avec le combattant de première heure, Bazooka, qui n’a cessé de veiller sur lui, promesse faite à son père hadj Saci. Prenant prétexte, l’auteur nous réconcilie avec Camus qui n’était qu’un Français né et vivant en Algérie, dont le génie est indéniable et les conquêtes nombreuses. Puis, il y a cette incursion de Sarah, sa collègue de lycée, qui lui ouvre les yeux sur la vie et la beauté pour lui crier jusqu’à le rendre sourd qu’il n’est pas “périmé”, à presque 60 ans, malgré ses pas d’éléphant. Hamid Grine vient de signer son meilleur livre avec une profondeur qui manquait aux précédents, une sincérité, preuve de maturité, et une amorce de débat sur l’engagement des intellectuels durant la guerre de Libération nationale.

    Hamid Grine sera présent, aujourd’hui à partir de 14h, au Sila, stand des éditions Alpha, pour procéder à une séance de dédicaces.
    http://www.liberte-algerie.com/apps/edition/images_editions/5525/18578.jpg

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